
Stéphane Retterer quittera la présidence de l’Autorité de la concurrence de la Nouvelle-Calédonie (ACNC) le 31 décembre 2026. Sa démission, annoncée le 21 octobre par le gouvernement calédonien après plusieurs jours de grève au sein de l’institution, intervient alors qu’une large partie du personnel réclamait son départ.
Nommé président de l’ACNC en mars 2023 pour un mandat de cinq ans, Stéphane Retterer avait présenté sa démission au président du gouvernement, Milakulo Tukumuli, à l’issue d’entretiens consacrés à la situation de l’institution. Le gouvernement a précisé que cette démission prendrait effet de manière inconditionnelle à la fin de l’année.
Une institution paralysée par un conflit social
Le mouvement social avait fortement perturbé le fonctionnement de l’Autorité. Les agents mobilisés, soutenus par le syndicat La Fédé, dénonçaient des méthodes managériales qu’ils qualifiaient d’« inadaptées » ou de « toxiques », ainsi que des risques psychosociaux importants au sein du personnel. Ces accusations restent celles des salariés et de l’organisation syndicale.
Les grévistes mettaient également en cause des atteintes présumées à l’indépendance du service d’instruction, chargé de conduire les enquêtes de concurrence de façon autonome par rapport à la présidence de l’Autorité. La Fédé préparait par ailleurs un signalement au procureur concernant des faits susceptibles, selon elle, de relever du harcèlement sexuel et de pressions professionnelles.
Stéphane Retterer avait contesté ces mises en cause et exclu dans un premier temps de quitter ses fonctions, estimant que sa démission ne pouvait être imposée par un syndicat.
La continuité des missions à assurer
Le gouvernement calédonien, qui travaille parallèlement à une réforme de l’ACNC, a indiqué qu’il veillerait désormais à garantir la continuité des missions et le bon fonctionnement de l’institution.
La Fédé demande de son côté qu’un processus de recrutement d’un nouveau président soit engagé rapidement afin de relancer plusieurs dossiers jugés prioritaires, notamment ceux concernant la grande distribution, les seuils de concentration et l’organisation interne de l’Autorité.
memento.re


0 COMMENTAIRE(S)